Rossini : Tancredi (rôle-titre)

 

Théâtre des Champs-Elysées (Paris), Mai 2014

 

Quelle est donc cette mystérieuse alchimie qui préside à l’accord idéal de deux voix ? Pourquoi notre oreille se délecte-t-elle ainsi de la fusion entre le timbre argentin de la soprano Patrizia Ciofi et les sonorités mordorées de la mezzo Marie-Nicole Lemieux ? Comme autrefois Montserrat Caballé et Marilyn Horne, voici deux chanteuses magnifiques qui « font équipe » pour hisser leur art sur les cimes de l’Olympe lyrique. (…) Artiste généreuse, voix ample et facile sur l’ensemble de la tessiture, Marie-Nicole Lemieux a considérablement peaufiné l’unité entre les divers registres de sa voix, du plus grave aux aigus dardés comme de chevaleresques épées. Il faut (…) se laisser emporter par une musicalité sans affectation qui convient si bien au tempérament mélancolique de Tancrède.

Emmanuelle Giuliani | La Croix

 

L’absolu est atteint par le couple d’amoureux : Marie-Nicole Lemieux et son timbre riche et charnu, la ductilité de ses traits, sa présence scénique culminant dans une mort suspendue d’une grande beauté.

Marie-Aude Roux | Le Monde

 

Ce sont les deux rôles principaux qui font le prix de la soirée. La contralto canadienne Marie-Nicole Lemieux met en valeur les sentiments tourmentés du rôle-titre, cet amoureux d’Amenaide banni de Syracuse depuis sa jeunesse, par une ligne de chant à la fois noble, ductile et parée de mille couleurs.

Philippe Venturini | Les Echos, 22 mai 2014

 

Marie-Nicole Lemieux dans cette prise de rôle réussit son passage au Rossini serio. Le chant, d’une sobriété bienvenue, n’a pas besoin de s’inventer des notes pour répondre aux exigences de la partition. La voix est longue, égale, déliée, la ligne tenue, l’accent prenant. « Di tanti palpiti » (de tant d’émois), cette aria di sortita qui fit le succès de l’opéra, est interprété avec l’ardeur juvénile qui convient. C’est pourtant la scène finale que l’on retient, auquel sied un dénuement dont Marie-Nicole Lemieux devrait faire plus souvent usage. Ce Tancredi existe aussi scéniquement, crédible dans son complet gris ou sa tenue d’officier avec cette barbiche rousse.

Christophe Rizoud | Forum Opéra, 19 mai 2014

 

La prestation la plus impressionnante, celle qui se détache du reste, c’est l’incarnation de Tancredi par Marie-Nicole Lemieux. Complètement travestie en homme, méconnaissable, la grande mezzo-soprano a créé l’illusion : le public ne s’est pas demandé à un seul instant ce qu’il devait penser du rôle (le héros masculin de l’opéra étant, sur scène, une femme), Tancredi était présent devant les spectateurs, animé par la fougue, débordant d’amour pour sa promise et bouillonnant de haine contre son rival. Son timbre chaleureux et sa technique impeccable se mêlaient harmonieusement au chant coloré de Patrizia Ciofi, qui jouait Amenaide.

Julie Jozwiak | Bachtrack, 29 mai 2014

 

La prise de rôle de la contralto canadienne était attendue. Tube de l’opéra, son air d’entrée « O patria… Di tanti palpiti… » montre la chanteuse à son meilleur, phrasant avec noblesse, sachant varier les couleurs mais se refusant à tout excès dans l’ornementation… (…) Jusqu’à la mort du héros, que Marie-Nicole Lemieux rend bouleversante.

Philippe Thanh | La Lettre du Musicien, 23 mai 2014

 

On attendait surtout, à vrai dire, le duo Patrizia Ciofi et Marie-Nicole Lemieux. Elles n’ont pas déçu (…) La mezzo canadienne (…) privilégie une conception très intériorisée du rôle, Tancrède victime du destin et de lui-même. Mais l’élégance du phrasé, la noblesse de l’incarnation emportent l’adhésion, la mort du héros, par sa sobriété dans le tragique, suscite l’émotion.

Didier van Moere | Concertonet, 19 mai 2014

 

Pour lui donner la réplique, Marie-Nicole Lemieux est une partenaire idéale. Les timbres des deux femmes se marient de façon parfaite, culminant dans un sublime duo d’amour au deuxième acte. Le rôle de Tancredi, surtout dans le finale tragique de Ferrare, donne lieu à très peu de déchaînements pyrotechniques, et la contralto est magnifique de sobriété et d’émotion contenue.

Catherine Scholler | ResMusica, 22 mai 2014

 

Premier Tancredi pour Marie-Nicole Lemieux et nouveau succès : phrasé avec art et délicatesse par une voix de bronze chaleureuse et généreuse, ce héros déborde d’une humanité bouleversante.

Michel Parouty | Diapason, 20 mai 2014

 

La Lemieux sfoggia una vocalità ricca, duttile e offre dei momenti pregevoli soprattutto nel canto misurato e nell’espressione lirica e patetica (la scena di sortita «Oh patria … Di tanti palpiti» strappa l’applauso fragoroso del pubblico). Si apprezza in lei, inoltre, la scelta di abbellire in maniera parca i recitativi e le arie.

Giovanni Andrea Sechi | L’Ape Musicale, 27 mai 2014

Tancredi | Théâtre des Champs-Élysées, 2014

 

« L’absolu est atteint par le couple d’amoureux : Marie-Nicole Lemieux et son timbre riche et charnu, la ductilité de ses traits, sa présence scénique culminant dans une mort suspendue d’une grande beauté. »

Le Monde

 

Direction musicale – Enrique Mazzola
Mise en scène – Jacques Osinski

avec Marie-Nicole Lemieux (Tancredi), Patrizia Ciofi (Amenaide), Antonino Siragusa (Argirio), Christian Helmer (Orbazzano), Josè Maria Lo Monaco (Isaura), Sarah Tynan (Roggiero)